Mauvaise élève

« T’as craqué là Puce ?! »… Ça a commencé comme ça, ou plutôt, ça a fini comme ça. Des jours, des semaines, que je me prends la tête, que j’échange sur le sujet, que j’essaie de trouver un positionnement clair. Clair, net et précis. Pour que mon cerveau, Restons Futiles et moi, on arrête de se questionner, qu’on se détende, qu’on soit raccord. L’objet du délit ? Les propositions commerciales, les cadeaux, les concours, les chaînes de blogs, les invitations et ce que j’en fais moi, Restons Futiles. Et c’est un vrai sujet. Qui mérite réflexion et qui mérite un post même !

gainsbourg

Gainsbourg et son célèbre billet de 500F

Des semaines que je tergiverse autour de cette question redondante qui vire à l’obsession. Des semaines que ce sujet s’incruste dans mon quotidien, squatte ma tête et m’oblige à me questionner, à trouver une réponse que je n’arrive pas à formuler. Ce que je sais simplement, c’est que ce sujet m’énerve, fort. Pourquoi, comment ? J’sais pas. Mais ça me met hors de moi. De ne pas être assez forte pour dire non, pour trancher, pour lutter. La même amertume que quand je lis un post, à fond, et que je finis par tomber inlassablement sur la fameuse mention « article sponsorisé » (pour ceux qui ont l’honnêteté de l’avouer). Assommée. Et déçue. Déçue d’avoir perdu 5 minutes de ma vie à lire une publicité déguisée. Déçue de m’être fait avoir comme une bleue. Il faut pas « tromper la confiance que tes parents ils ont mis à l’intérieur de toi », c’est sale. Et puis merde, il est où l’intérêt ? Hein ? L’intérêt de voir s’afficher sur son fil d’actu 10 posts sur le même sujet, le même resto fraichement ouvert, le même produit, le même événement. On apporte quoi comme plus-value ? Comme contenu, comme analyse ? Elle est où la substantifique moelle ? #allerbimpayetonRabelais Elle est où notre différence ? Notre force ?

Soyons francs, je ne croule pas sous les sollicitations mais une seule suffit. Une seule suffit à faire vaciller tout principe, à passer du côté obscur de la force, à faiblir, à dire oui. C’est ce que j’ai fait hier. Toute seule, planquée, pas sereine, pas fière, j’ai fait un post Facebook dégueu, un post qui puait le commercialo-mytho, à peine déguisé, un post qui m’a donné la gerbe en vrai, avec cette amère impression de me trahir, de vous trahir, de vous entuber, de vous enrhumer, bref : de vous la faire à l’envers.

Mon téléphone sonne, dans la seconde : c’est l’Homme. «Tu peux pas faire ça, pas toi, pas Restons Futiles, pas avec nos heures de discussion, c’est pas possible ! Enfin, au final, tu fais ce que tu veux, mais ce post là, je ne le likerai pas… ». Cette sentence, sévère, comme un couperet… « Tu sais quoi amour ? Je ne me likerai pas non plus. Mais alors vraiment pas. Parce que je me sens sale. Mais tu sais… J’suis un peu obligée en fait… La nana elle était adorable et puis, j’ai joué le jeu, j’suis coupable aussi, je lui ai donné mon adresse postale quand elle me l’a demandé. C’est pour un projet cool… ‘fin… »… Tout était dit. Projet cool ou pas, nana cool ou pas, produits de ouf ou pas, je NE SAIS pas écrire à la commande, c’est pas dans mes valeurs, pas dans mes principes. Alors j’ai rouvert mon ordi, j’ai cliqué sur la petite flèche en haut à droite, j’ai cliqué sur « supprimer » et… j’ai de nouveau pu respirer. Ma réponse je l’avais : PLUS JAMAIS.

Je voulais me créer une « charte Restons Futiles », un truc simple et systématique, pour arrêter de me prendre la tête et être droite dans mes bottes #encaoutchoucetàpaillettes. Elle viendra peut-être, elle est en cours dans ma tête. Mais au delà de mots, j’ai posé hier l’acte fondateur. Même si, au final, j’en avais posé la première pierre en créant ce blog et en y postant, à la longue, presque plus que des billets d’humeur. Parce que c’est ça qui m’excite le plus, c’est ça que j’ai envie de partager avec vous : des mots, des points de vue, des sentiments, du tout-doux, du beau, du qui-fait-du-bien, du qui-interroge, du qui-a-du-sens.

Alors non, je ne serai jamais la bonne élève du blogging. Il faut que je fasse le deuil, que j’assume. Non, je ne tiendrai jamais de calendrier rédactionnel et je ne programmerai jamais mes publications. Tout simplement parce que j’en suis incapable ! Que ça ne me ressemble pas, que jamais j’anticipe rien et que c’est mieux comme ça. Non je ne serai jamais régulière non plus. Parce que je suis la première surprise quand je sors un post ! Ça me tombe dessus comme ça, sans prévenir, au feeling. Une envie, un peu de temps, mes doigts qui courent sur le clavier et bim bam boum, je clique, je publie et c’est cadeau ! C’est pas l’heure ? M’en fous. C’est mon heure. Et ce sera la vôtre quand vous aurez 5 minutes et envie de prendre une pause. C’est pas régulier ? Non. Et parfois je m’en veux… Mais finalement, c’est tout le charme du spontané et puis… Vous êtes encore là alors je me dis que vous devez respecter ça.

La même pour Insta. Là où je devrais filtrer chacune de mes photos de la même façon, là où je devrais vous proposer une « cohérence graphique », je vous envoie du gorgonzola, du cute et de la sneakers chinée pas cher. De la vraie vie en somme… Mais, n’était-ce pas un peu le but initial du blogging?

14 réflexions sur “Mauvaise élève

  1. J’adore ton billet, tellement vrai ! Perso, j’accepte des billets sponsorisé ou autre et si c’est le cas je le précise. Et si j’aime pas, je n’en parle pas ou je dis ce que je ressens.
    En tout cas garde ta ligne éditoriale elle est parfaite

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  2. Superbe billet qui exprime mon sentiment vis à vis des blogueuses parfaites relayées par hellocoton parce qu’elles prodiguent des conseils trop utile pour réussir à organiser son calendrier rédactionnel. Quand le blog devient une contrainte et pas une envie. Quand on vend ses billets au diable pour une huile nuxe ou une paire de shoes. Quand on est une blogueuse lisse, qui pose des heures pour The photo qu’elle va retoucher avant de mettre en ligne. Merci pr ce post Perrine, on en avait parlé… Bisous

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  3. J’aime bien ton article. Lire des posts à coeur ouvert c’est cela que j’aime, pour moi c’est ça le vrai blogging.

    Par contre, mon côté marketing (déformation pro oblige) tendrait à nuancer les articles sponsorisés. Pour moi ce n’est pas le diable tant que cela peut permettre de faire découvrir un chouette produit, donner un coup de pouce ou une visibilité à une entreprise ou un événement que l’on affectionne, qui nous plaît. Tant que l’on est honnête et que l’on dit ce que l’on en pense (même si ça ne nous plaît pas) et que l’on dit (bien sûr) d’entrée (important) que c’est suite à un démarchage commercial je pense que cela fait aussi partie du jeu. Les lectrices attendent aussi des blogueuses de pouvoir découvrir des endroits, produits, etc qui font partie de leur univers.. enfin, voilà, c’était mon avis.. et bien sûr le plus important : ne pas faire ce qui ne nous correspond pas.

    Des bisous

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  4. Je ne suis pas une pro du blogging, mais je suis fan de ton blog, et de toi. Et je suis fière de toi. Sache que si tu faisais des articles sponsorisés ton blog et toi ne baisserez pas dans mon estime, certainement pas. Mais là où je ne serais pas d’accord c’est si toi-même tu n’étais pas raccord. Alors bravo pour ce nouveau post qui, une fois de plus, reflète bien ce que tu es, tes valeurs et qui renforce un peu plus mon admiration pour toi.

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  5. Je découvre ton blog aujourd’hui, et je dois dire que j’admire réellement ton écriture, je suis même complètement fan ! Le ton que tu utilises est pertinent, les mots sont toujours bien choisis et tes tournures de phrases sont parfaites. J’ai commencé par ton article sur le chômage, et étant moi même dans cette situation, je me suis complétement reconnue dans tes mots. Tu exprimes cette situation mieux que moi-même. Vraiment, un énorme coup de coeur pour ton écriture et ton style. Je te dois donc un grand bravo ! J’espère que quelqu’un a su détecter ton talent depuis le post de ton billet sur le chômage. En tout cas, je suis plus qu’admirative de ton style et de ton langage. Bonne journée !

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    • J’en voudrai chaque jour des messages comme ça! De ceux qui me rappellent pourquoi j’écris et pourquoi c’est important pour moi de le partager. Merci mille fois Raphaëlle pour tous ces mots, qui me vont droit au cœur. « Chômeuse de longue durée » restera un des posts qui m’a le plus chamboulé… J’ai effectivement retrouvé un tout joli travail mais ce texte me permet de ne jamais perdre de vue la douloureuse expérience du chômage et d’essayer de rester a l’écoute de ceux qui traversent cette période. Partager mes mots, mes ressentis, c’est là pour moi tout le bonheur d’avoir créé ce petit coin de toile. Alors merci mille fois à toi… Et au plaisir de te retrouver ici! ❤️

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  6. Pingback: 4 jours à New-York (Part 1) | Restons Futiles

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